Du rhume à la bronchiolite du nourrisson

Sommaire

  Maladie virale très contagieuse, la bronchiolite touche environ 30 % des nourrissons, surtout ceux de moins de 1 an, voire moins de 6 mois. Elle démarre à la mi-octobre et disparaît à la fin de l'hiver.

La bronchiolite peut souvent débuter par une rhinite virale. Le point dans cette astuce. Quelle différence entre rhume et bronchiolite ? Comment soigner votre bébé ? Quand consulter le médecin ? Retrouvez nos conseils dans cet article.

Symptômes du rhume chez le bébé

Le rhume (aussi connu sous le nom de « rhinopharyngite » ou « rhino ») désigne une infection virale bénigne qui infecte l’intérieur du nez (la cavité nasale) et le pharynx (à l'arrière des fosses nasales). 

La rhinopharyngite est très fréquente chez le bébé et l'enfant en raison de sa très grande contagiosité : 200 virus peuvent provoquer un rhume. Un rhume peut s’attraper par contact direct (un baiser des parents sur le front par exemple) ou indirect (objet souillé comme un jouet ou un biberon).

C’est même la maladie infectieuse la plus fréquente chez les enfants : entre 6 mois et 6 ans, un enfant peut attraper entre 4 et 5 rhumes par an, principalement en automne et en hiver. 

Chez le bébé et l’enfant, la rhinopharyngite présente plusieurs symptômes :

  • une fièvre inférieure à 38,5 °C pendant 3 jours ;
  • une obstruction du nez ;
  • un écoulement nasal pendant 2 à 10 jours, caractérisé par des sécrétions claires et transparentes qui deviennent jaunes ou verdâtres et plus épaisses ;
  • éventuellement une toux grasse qui peut persister pendant 10 jours à cause d’une gorge irritée. 

À noter : Avant 6 mois, le système immunitaire du bébé reste encore fragile mais bénéficie d’une immunité postnatale, garantie par les anticorps maternels provenant du placenta et du lait maternel (en cas d’allaitement). Le système immunitaire va se fortifier et la santé se renforcer avec le temps pour faire face aux maladies comme les rhumes.

Symptômes de la bronchiolite

En règle générale, la bronchiolite se présente d’abord comme un très gros rhume, avec pour premiers symptômes :

  • un nez bouché ou qui coule ;
  • une toux sèche ;
  • une légère fièvre : entre 37,5 et 38°C ;
  • un manque d’appétit.

Deux ou 3 jours plus tard, les complications arrivent et les symptômes s’aggravent :

  • la fièvre atteint ou dépasse même les 38,5 °C ;
  • la toux devient plus persistante ;
  • la gêne respiratoire apparaît du fait de la diminution du calibre des bronches ;
  • la fréquence respiratoire s'accélère ;
  • le bébé a du mal à téter ou refuse de le faire.

En cas de doute entre une bronchiolite ou un gros rhume, consultez sans trop attendre votre médecin traitant ou pédiatre. Une auscultation pulmonaire de votre bébé permettra de faire la différence : elle se révèle normale lors d'un rhume.

Quels traitements préconiser ?

La bronchiolite est une affection qui évolue d'elle même sans traitement spécifique contre le virus. La plupart du temps, elle n'est pas grave et se soigne à domicile. Seulement 2 % des bébés évoluent vers une bronchiolite sévère qui nécessite une hospitalisation.

Bon à savoir : seuls les enfants de moins de 2 mois doivent consulter les urgences d'emblée, rappelle la Société française de pédiatrie, « car il est plus souvent recommandé de les hospitaliser quelques heures ou quelques jours pour surveillance et traitement des symptômes ».

Les traitements ne sont que symptomatiques car il n'y a pas de médicament permettant de faire disparaître le virus :

  • Si l'enfant a des difficultés alimentaires, son alimentation doit être fractionnée : on lui propose de manger plus fréquemment mais en plus petite quantité.
  • S le bébé est encombré, des séances de kinésithérapie respiratoire sont préconisées afin de désencombrer ses bronches. Généralement, le kinésithérapeute commence par évaluer, voire ausculter l'enfant. Puis, il effectue différentes manœuvres permettant de le faire expectorer et cracher. Attention : ces séances sont parfois difficiles à supporter pour les parents.
  • En cas de surinfection bactérienne, on utilisera un antibiotique.
  • Ensuite on peut utiliser des traitements bronchodilatateurs, mais rien n'a été prouvé quant à leur réelle efficacité.
  • On peut recourir à l'homéopathie (en faisant fondre 10 granules dans un peu d'eau qu'on donnera 4 fois par jour) avec en priorité Ipeca en 5 CH ou, en cas d'aggravation de l'encombrement, Antimonium tartaricum en 5 CH. Notez que de nombreux autres médicaments homéopathiques existent en fonction des caractéristiques précises de la bronchiolite et seul un homéopathe pourra vous conseiller au mieux.
  • Enfin, et uniquement dans un contexte d'hospitalisation, si l'enfant a du mal à respirer, on lui donnera de l'oxygène.

Mesures préventives contre la bronchiolite

Comme pour d'autres virus respiratoires, les mesures préventives habituelles s'avèrent primordiales :

  • Lavez-vous fréquemment et correctement les mains avant et après vous être occupé de votre bébé.
  • Évitez de l'embrasser sur le visage, les mains et les pieds si vous êtes enrhumé.
  • Lavez le nez de votre enfant avec du sérum physiologique.
  • Évitez autant que faire se peut la fréquentation des lieux publics (centres commerciaux, transports en communs...) même si cela peut être difficile pour les bébés bénéficiant d'un mode de garde en collectivité (une recommandation valable en particulier pour les nourrissons de moins de deux mois).
  • Aérez votre logement : les virus se diffusent beaucoup moins rapidement lorsqu’on aère régulièrement son appartement ou sa maison.

Bon à savoir : l’exposition in utero au tabagisme de la mère augmente les risques de troubles respiratoires et de bronchiolites chez l’enfant.

L’astuce : dès que votre enfant peut se moucher tout seul, apprenez-lui les règles d’hygiène (lavage des mains, se couvrir le nez et la bouche avec un mouchoir jetable, etc.) pour limiter la transmission des maladies. 

Nettoyer le nez d’un bébé

Lorsqu’un rhume apparaît chez votre bébé, l’une des premières actions consiste à dégager son nez pour soulager ses voies nasales afin qu’il puisse respirer plus facilement. 

Lavez-lui le nez régulièrement en utilisant un sérum physiologique à usage unique ou à l’aide d’un spray à base d’eau de mer (si votre bébé a moins de 4 mois, évitez le spray) :

  1. commencez par coucher votre bébé sur le dos puis mettez-le sur le côté ; 
  2. insérez délicatement le sérum physiologique dans la narine supérieure ; 
  3. fermez la bouche de votre nourrisson, pour que le sérum sorte par l’autre narine ;
  4. répétez l’opération dans l’autre narine ;
  5. mouchez-lui le nez ;
  6. nettoyez l’embout nasal de votre sérum avec de l’eau savonneuse et rincez-le à l’eau chaude. 

Réitérez l’opération dès que vous remarquez que les voies nasales de votre nourrisson sont obstruées, plusieurs fois par jour, surtout avant chaque tétée (pour un bébé) et chaque repas (pour un enfant) et au coucher. Un lavage du nez peut aussi être réalisé en pleine nuit pour soulager votre enfant en bas âge s’il est trop enrhumé.  

À noter : votre médecin peut aussi vous recommander l’utilisation d’un mouche-bébé pour le lavage des narines de votre bébé. Cet appareil s’utilise à tout âge, tant que votre enfant ne peut pas se moucher tout seul.

Pour d'autres infos sur la question, rendez-vous sur nos autres contenus disponibles :

Ces pros peuvent vous aider