Turbinectomie

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Rhume : comment le soigner ?

Lorsqu'une sensation de nez bouché se prolonge sur plusieurs mois et ne cède pas aux traitements classiques, il est possible de recourir à une intervention chirurgicale, la turbinectomie.

Mais celle-ci n'est pas anodine : découvrons dans quels cas elle est indiquée, la manière dont elle se déroule et les risques qui lui sont associés.

Turbinectomie : qu'est-ce que c'est ?

Chaque cavité nasale contient trois replis osseux en forme de cornet (les cornets supérieur, moyen et inférieur), qui optimisent la circulation de l'air dans le nez :

  • Ils le réchauffent, l'humidifient et le filtrent afin de le débarrasser de ses impuretés.
  • Ils sont capables d'adapter leur taille : ils rétrécissent lorsqu'on a besoin d'inspirer une grande quantité d'air au cours d'un effort, ou se dilatent pour réchauffer l'air plus efficacement lorsqu'il fait froid par exemple.
  • Mais en cas d'allergie, d'infection chroniques ou d'exposition à des produits irritants, ceux-ci peuvent augmenter de volume de manière durable et empêcher l'air de circuler correctement.

Si les traitements médicamenteux classiques (spray anti-inflammatoire, anti-histaminique...) ne suffisent pas à régler le problème, le médecin ORL peut proposer une solution radicale : la turbinectomie, qui consiste à éliminer une partie du cornet inférieur et éventuellement du cornet moyen pour retrouver une respiration plus fluide.

Déroulement d'une turbinectomie

La turbinectomie est ainsi indiquée en cas d'obstruction nasale provoquée par une taille excessive des cornets notamment inférieurs, ce qui peut être constaté par un scanner. Elle est également mise en œuvre en cas de Concha bullosa, une malformation qui touche le cornet moyen.

L'intervention est parfois couplée à une septoplastie, qui consiste à remodeler la cloison nasale lorsque celle-ci est déformée et contribue à l'obstruction nasale. La turbinectomie ne nécessite pas d'incision à travers la peau, elle ne laisse donc pas de cicatrice visible :

  • Le chirurgien introduit un endoscope au niveau de la cavité nasale pour pouvoir observer la région opérée, ainsi que l'instrument utilisé pour l'ablation des cornets.
  • L'opération se déroule la plupart du temps sous anesthésie générale, et dure une vingtaine de minutes.
  • Un méchage est souvent mis en place pour limiter les risques de saignement, et laissé en place pendant 24 h.
  • La durée d'hospitalisation est généralement de 48 h.

Il est normal que des croûtes se forment dans le nez après cette intervention. Un larmoiement temporaire peut également se produire pendant plusieurs jours. Il faut compter environ 1 mois pour une cicatrisation complète.

Bon à savoir : dans certains cas, la turbinectomie est réalisée au laser ou par radiofréquence, et ne nécessite alors qu'une anesthésie locale.

Risques liés à la turbinectomie

Risques opératoires

Comme toute intervention chirurgicale, la turbinectomie est associée à certains risques :

  • liés à l'anesthésie générale : un rendez-vous préalable avec le médecin anesthésiste permet de le limiter au maximum ;
  • liés en l'acte en lui-même : il s'agit d'un risque hémorragique principalement ; si un saignement se produit, le chirurgien pratiquera une cautérisation afin de colmater les vaisseaux sanguins.

Écueil à éviter : syndrome du nez vide

1 à 2 % des patients opérés souffrent après l'intervention du « syndrome du nez vide », lorsqu'une partie trop importante des cornets a été retirée :

  • Il peut y avoir des conséquences très importantes sur la qualité de vie de ces personnes : sécheresse nasale, douleurs chroniques, et paradoxalement, difficultés à respirer. Des maux quotidiens qui conduisent certains patients à la dépression.
  • Comme l'opération est irréversible, les cornets ne repoussant pas lorsqu'on les élimine, il est nécessaire d'aborder cette question avec son chirurgien avant l'intervention.

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